Analyse du type de sol : la texture, le pH avec les plantes indicatrices

A la fois support et source de nourriture pour les plantes, le sol est un milieu complexe. Et à moins de faire venir des camions entiers de terre végétale, le jardinier doit composer avec la terre de son jardin.
Il est difficile de changer le sol de son jardin, mais il est possible de s’y adapter. Pour ce faire il faut une analyse du type de sol et  choisir les bonnes techniques de travail du sol, la bonne fertilisation, etc.

Un sol se caractérise par différentes notions

La texture du sol

Soit la taille et la nature des particules de terre.
On dit d’un sol qu’il est plus ou moins léger ou lourd, selon qu’il se compacte facilement (il colle en cas de pluie) ou qu’il se délite.

Le pH ou acidité

Un milieu est neutre quand son pH est de 7. En dessous, il est acide, au-dessus, il est basique (ou alcalin). Les sols calcaires sont en général basiques, alors que les sols sableux ou très riches en matière organique (humus) sont plutôt acides.
La plupart des plantes s’accommodent d’un pH autour de la neutralité. Certaines cependant préfèrent les terres acides (plantes acidophiles) ou au contraire calcaires.

La richesse en matière organique ou humus

La matière organique regroupe l’ensemble des matières d’origines végétale ou animale, qui vont se décomposer petit à petit dans le sol sous l’effet des bactéries et mettre ainsi à la disposition des plantes les éléments nutritifs qui les composent. La matière organique décomposée, aussi appelée « humus », joue un rôle primordial dans l’équilibre du sol.

Analyse physique de votre  sol

Le sol se compose de matériaux de différentes granulométries :

L’argile : cette roche pâteuse, collante, retient l’eau et donne de la cohésion aux particules du sol. Elle joue un rôle important dans la fixation des engrais autour des racines.

• Le calcaire : formé de carbonate de chaux, il neutralise l’acidité de la terre et sert d’aliment aux plantes. Il aide la décomposition des matières organiques et rend les engrais plus facilement assimilables.

• Le sable : fluide, instable, il allège les sols lourds et compacts, en favorisant la pénétration de l’air, de l’eau et des engrais.

L’humus : il est le résultat de la décomposition des débris végétaux par les micro-organismes vivants du sol. Grace à lui, la matière organique, non assimilable par les plantes, est transformée en éléments minéraux, base de leur nourriture.

Le pourcentage de ces différents composants caractérise le type de sol.

Techniques permettant d’apprécier la qualité de votre sol

A l’œil

analyse-sol-terreAprès avoir prélevé un échantillon de terre, examinez la terre extraite. Si elle est de couleur foncée de structure grumeleuse avec des restes de débris végétaux, on a un sol riche en humus. Si elle est de couleur blanchâtre, le sol est plutôt riche en argile.
Malaxez une poignée de terre et laissez-la tomber sur un sol dur :

  • La motte tombe intacte et reste agglomérée, le sol est riche en argile.
  • Elle ne s’agglomère pas et s’effrite facilement, le sol est riche en sable.
  • La motte s’agglomère mais se brise en tombant par terre, le sol est plus ou moins proche de la terre franche de composition idéale.

Si vous arrivez à faire une boule, constituez un boudin de terre. Si ce dernier mesure 3 cm avant de se briser en morceau, votre terre est un peu argileuse. Si votre boudin atteint 6 cm avant de se briser c’est que le sol est très argileux et collant.

Le test de la bouteille

Remplissez à moitié d’eau un bocal d’environ un litre et remplissez l’autre moitié avec la terre à analyser. Fermez le bocal et agitez vigoureusement pour bien mélanger le sol à analyser avec l’eau.

Laissez la terre dans le bocal se déposer, cela peut prendre de 3 à 12 heures selon le type de sols. Mesurez chacune des couches de dépôts par rapport à la hauteur totale du sol dans le bocal.

Le sable se dépose en premier au fond.

La couche arable et l’humus se dépose au milieu.

L’argile fine et lisse se dépose sur le dessus.

La terre « idéale » se compose de :

  • 65% de sable,
  • 30% d’éléments fins (argile, limon),
  • 5% d’humus.

 Analyse chimique du sol – le pH : Pour une mesure précise du pH vous trouverez des tests dans le commerce vous permettant de mesurer précisément l’acidité du sol.

Pour vous faire une idée de l’acidité de votre sol vous pouvez plus simplement utiliser du vinaigre. Dans un verre, disposez quelques cuillerées de terre puis versez du vinaigre. Plus les bouillonnements sont importants et plus votre sol est calcaire. S’il n’y a pas de réaction, la terre est acide.

Rectifier le pH

Au sol trop acide, appliquer de la chaux, à raison de 10 kg/are pendant 2 ans. Cet apport se fera en novembre pour ne pas nuire aux cultures. S’il fallait apporter de la chaux au printemps ou en été, utiliser la marne calcaire. Il convient de ne pas excéder la dose, car la chaux mange l’humus et appauvrit donc le sol.

Si le sol est trop calcaire, on lui donnera du soufre à raison de 2,5kg / are. On peut augmenter le volume en y ajoutant du sable de Rhin sec. Le résultat ne se fera sentir qu’après 2 à 3 ans.

Les Plantes indicatrices du type de sol

type-de-solLes plantes qui poussent spontanément sont les meilleures indicatrices de la nature et de la qualité du sol. Une espèce n’a de valeur indicatrice que si elle est relativement bien représentée sur votre terrain, un seul individu ne saurait être représentatif.

Quelques exemples :

1. Plantes des milieux assez riches

Ces plantes préfèrent les sols saturés et assez riches en azote.

Benoîte commune, Bugle rampanteFicaire fausse renoncule Gouet d’ItaliePrimevère acaule, Ortie, Gratteron, Lamier, Bourrache, Véronique, Mouron des oiseaux, Cirse champêtre, Fumeterre, Laiteron, Pissenlit, Séneçon.

2. Plantes des milieux acides

AsphodèleFougère aigle, Germandrée scorodoine, Houlque molle, Luzule des champs, Mélampyre des prés, Millepertuis élégant, Néflier, Sabline des montagnes, Espargoutte, Oseille, Plantain, Renouée des oiseaux, Callune, Bruyère, Bouleaux, Genêt à balai, Ajonc, Châtaignier, Chrysanthème des moissons, Digitale, Mousse, Myrtillier, Pin sylvestre, Pin maritime, Prêle, Ravenelle

3. Plantes des milieux neutres

Ces espèces sont présentes sur une large gamme de sols, mais leur abondance est maximale lorsque le pH est proche de la neutralité.

Aspérule odoranteCircée de ParisDryoptérix écailleuxEuphorbe faux amandierLaîche des boisMélique unifloresMillet diffusParisetteStellaire holostéeVéronique des montagnes

4. Plantes des milieux riches et frais

Ail des oursAlliaireCardamine des présÉpiaire des boisGaillet gratteronGéranium herbe à RobertGroseillier à maquereauLierre terrestreOrnithogale des PyrénéesOrtie dioïqueSureau noir

5. Plantes des milieux riches en calcaire

Clématite vigne blanche, Tamier communViorne lanthane  

6. Plantes des milieux gorgés d’eau (hygrophiles)

Gaillet palustreIris faux acoreLaîche des maraisLaîche des rivesLysimaque communePhragmite communPopulage des maraisScutellaire casquéeValériane dioïque  

7. Plantes des milieux très acides

Ces plantes poussent sur des sols très pauvres en éléments nutritifs, au pH très bas.
Callune, CancheDicrane en balaisLaîche à pilulesLeucobryum glauqueMolinie bleueMyrtille

8. Plantes des milieux peu acides

Atrichie onduléeChèvrefeuille des boisFougère femelleGaléopsis tétrahitLamier jauneLuzule de ForsterOxalide petite oseilleSceau de SalomonScrofulaire noueuseVéronique officinale

9. Plantes des milieux assez riches en calcium

Brachypode des boisCamérisier à balaisCampanule ganteléeCornouiller sanguinErable champêtreFusain d’EuropeLaîche glauqueMercuriale pérenneTroène

10. Plantes des milieux humides

Ces plantes trouvent leur optimum sur les sols temporairement engorgés, restant frais l’été.

Angélique des bois, Aulne glutineux, Douce amèreEupatoire chanvrineHoublonLaîche espacéeLaîche penchéeOseille sanguinePâturin communReine des présRenoncule rampanteValériane officinale rampante

11. Plantes des milieux très acides et engorgés

Ces plantes poussent dans des milieux mouilleux au pH acide.

Bruyère à quatre anglesOsmonde royalePiment royalPolytric communSphaignes

Les différents types de sol

Terre argileuse

Elle forme de grosses mottes lourdes, compactes, qui collent aux outils lorsqu’on la travaille. Imperméable, très humide, elle se crevasse lorsqu’elle s’assèche.

  1. Avantages : la retenue d’eau, qui évite le dessèchement trop rapide des cultures. Attention, la pénétration de l’eau lors des pluies violentes, surtout en été lorsque le sol est bien sec, s’avère parfois problématique.
  2. Inconvénients : difficile à travailler ! En outre, son réchauffement est long à la sortie de l’hiver, d’où des risques en cas de gel, augmentés par la forte teneur en eau.

Cultures appropriées

  • Légumes : Aubergine, Betterave, Chou, Courge, Haricot, Laitue, Melon, Poireau, Tomate, Chicorée, Epinard, Menthe, Oseille, Pois, Rhubarbe
  • Fruitiers : Cassissier, Framboisier, Groseillier, Kaki, Poirier, Prunier

Quel amendement ?
Apportez à votre terre argileuse des amendements sableux (sous forme de sable) ou du fumier qui allègent et augmentent la perméabilité des sols lourds et compacts. Votre sol sera plus léger, plus souple, plus riche et plus facile à travailler. Il se craquera moins au soleil.

Enfouissez ces amendements lors des labours d’automne, sans briser les mottes pour que les actions de tel et de dégel contribuent à les ameublir. Pour éviter que l’eau ne stagne, installez un système de drainage qui évacuera le surplus d’humidité. Tous les deux ou trois ans, épandez de la chaux éteinte pour améliorer leur structure, incorporée par un labour ou avec une motobineuse.

Terre sableuse

Elle est très instable, d’où un manque de cohésion. L’eau est difficilement retenue, ce qui oblige à de fréquents arrosages en été. De même, les engrais migrent vite vers le sous-sol. C’est une terre peu fertile. Par contre, elle est facile à travailler. Plutôt acide, elle est propice aux plantes acidophiles.

  1. Avantages : très perméable à l’eau et à l’air, il se réchauffe rapidement.
  2. Inconvénients : en été, il va avoir tendance à sécher très rapidement. D’où des besoins assez importants en arrosage. Par ailleurs, comme il retient mal les éléments fertilisant, il faudra régulièrement amender le sol pour que les cultures ne l’épuisent pas complètement.

Cultures appropriées:

  • Légumes : Asperge, Fraisier, Haricot, Oignon, Radis, Salsifis, Ail, Artichaut, Céleri, Ciboulette, Echalote, Estragon, Navet
  • Fruitiers : Figuier, Ronce, Vigne

Quel amendement ?
Les sols sableux sont faciles à amender. Il convient d’utiliser de la chaux, du compost, de l’argile et du fumier pour leur donner de la consistance et limiter l’assèchement des sols. Évitez la tourbe qui augmentera la rétention d’eau mais n’apportera pas d’éléments fertilisants.

En cas d’acidité excessive, épandez de la chaux pour corriger le pH. Cette chaux contribuera à améliorer leur structure physique. Installez un arrosage automatique pour apporter l’eau dès que le besoin s’en fait sentir.

Terre humifère

Un sol humifère est un sol riche en humus (résultat de la décomposition des matières organique d’origine végétale). La terre se caractérise par sa couleur noire ou très sombre. Elle contient beaucoup de débris végétaux, dont souvent des morceaux de bois non décomposés. Cette terre s’avère spongieuse : elle retient très correctement l’eau, sans pour autant devenir imperméable et collante, comme la terre argileuse.

  1. Avantages : Ce sol est très facile à vivre, notamment parce qu’il est se travaille sans effort. Il se réchauffe vite dès qu’arrivent les premiers jours du printemps, favorisant les premiers semis.
  2. Inconvénients : Son acidité interdit la plantation de nombreuses plantes, qui ne pourront s’y acclimater.

Cultures appropriées :

  • Légumes : Ail, Céleri, Fraisier, Oseille, Poireau, Pomme de terre, Tomate, Aubergine, Basilic, Cerfeuil, Concombre, Courge, Laitue, Melon, Radis
  • Fruitiers : Airelle, framboisier, myrtille, pommier

Quel amendement ?
Contrairement aux idées reçues, il est plus difficile d’amender une terre trop riche en humus qu’un sol argileux ou sableux.
Ajoutez une petite pelletée de chaux par mètre carré pour corriger son acidité (plus la quantité d’humus est élevée, plus le chaulage doit être espacé). On peut aussi apporter un peu de terre argilo-calcaire et du sable tous les deux ans pour améliorer le drainage.

Terre calcaire

Le sol est blanchâtre, d’aspect crayeux. La terre, légère et claire, se dessèche rapidement en été, avec des craquelures caractéristiques. Autre indicateur : la présence abondante de cailloux, qui remontent en permanence à la surface.

  1. Avantages : ces sols sont perméables à l’eau. Ils se réchauffent plutôt vite au printemps, autorisant les cultures de légumes primeurs. Lorsqu’ils ne sont pas trop humides, ils sont faciles à travailler, notamment à retourner ou à griffer. Enfin, ils facilitent la décomposition rapide des matières organiques.
  2. Inconvénients : une certaine instabilité, qui favorise la pénétration des gelées. Les éléments fertilisants sont mal retenus, ce qui provoque par exemple la chlorose des feuilles (le calcaire actif gênant l’assimilation du fer par les végétaux). Trop mouillés, ils deviennent boueux et collent sur les outils et sous les pieds. Trop secs, ils sont durs à travailler.

Cultures appropriées

  • Légumes : Aubergine, Carotte, Céleri, Chou, Échalote, Laitue, Oignon, Pois, Pomme de terre, Radis, Salsifis, Tomate, Fève, Persil, Romarin, Sauge, Thym
  • Fruitiers : Noisetier, Noyer, Olivier, Prunier, Vigne

Quel amendement ?
La terre calcaire se corrige avec des amendements comme le compost et du fumier bien décomposé. Ils lui apportent les éléments nutritifs qui feront défaut à vos plantes et améliorent la rétention d’eau.

Vous pouvez également utiliser des engrais verts.
Ajoutez à ces matières organiques des engrais complets qui corrigeront le manque de nourriture. Travaillez le sol et faites vos plantations en automne plutôt qu’au printemps.

Fertilité du sol

La fertilité du sol désigne sa capacité à stocker et à libérer les éléments nutritifs dont les plantes ont besoin, notamment l’azote, le phosphore et le potassium (N, P, K), ainsi que divers oligo-éléments.

La fertilité a un lien avec la texture du sol. En effet, les sols argileux sont généralement plus fertiles que les sols sableux, en partie à cause de la propension de certains nutriments à se lier avec les particules d’argile. La fertilité est aussi directement proportionnelle à la quantité d’humus et de matières organiques présents dans le sol.

Les besoins des plantes sur le plan de la fertilité du sol varient habituellement d’une espèce à une autre. Quelques-unes, comme certaines fleurs sauvages de forêt, requièrent un sol profond et riche. D’autres, telles que les espèces de pré ou de prairie, préfèrent les sols infertiles et auront des tiges et un feuillage grêle en sol profond et riche, au détriment des fleurs et des fruits.

Test sur place : Fertilité du sol

  1. Testez votre sol afin d’en déterminer la teneur en humus et en argile au moyen des tests décrits plus tôt. Plus le sol est riche en humus et en argile, plus il est fertile.
  2. Recherchez les zones où même les plantes adaptées au type de sol ont de la difficulté à se développer.
  3. Les analyses chimiques du sol sont la façon la plus précise de déterminer la présence d’éléments nutritifs particuliers dans un sol. Consultez l’information donnée dans « Analyses chimiques » pour en savoir davantage.

Humidité du sol

Le degré d’humidité du sol est fonction du climat local, de la topographie et des autres propriétés du sol. Il est souvent qualifié de mouillé, humide ou sec. Certaines espèces de plantes s’adaptent très bien à leur milieu et peuvent donc s’accommoder de diverses conditions d’humidité. En revanche, d’autres végétaux ont des besoins très particuliers en matière d’humidité. Bien qu’il soit possible d’arroser les plantes qui exigent plus d’humidité que ce que votre sol peut fournir, il est préférable de choisir des plantes convenant au degré d’humidité de votre sol.

Test sur place : Degré d’humidité

  1. Examinez votre propriété à différentes saisons afin de savoir à quels endroits l’eau s’accumule ou s’écoule rapidement. Les dépressions, les points bas et la base des pentes sont généralement plus mouillés que les pentes ou les endroits surélevés. Prenez note des secteurs qui sont particulièrement humides ou secs, car ils exigeront un choix de plante approprié.
  2. Recherchez les espèces végétales qui pourraient être révélatrices du degré d’humidité du sol. Par exemple, la présence de la phléole des prés indique un sol mouillé, alors que l’aster éricoïde révèle un sol sec.
  3. Comparez la vigueur des plantes à différents endroits. Une végétation épaisse et luxuriante peut révéler un sol plutôt humide, contrairement aux sols où les végétaux sont éparpillés et plus frêles.

Conclusion

L’analyse du sol et de la terre est essentielle pour savoir comment appréhender la gestion de son jardin potager en permaculture.

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