Dès 2019, l’usage de produits phytosanitaires sera interdit dans les jardins et potagers des particuliers. C’est l’occasion de repenser son rapport à la terre et de se lancer dans un potager bio ! Mais, pour réussir son jardin bio et écolo, il faut connaître certaines bases. De la préparation du sol à la prévention des maladies, on vous livre des conseils d’horticulteurs professionnels pour un potager bio digne d’un jardinier expérimenté.

Préparez le sol

Un mauvais sol donnera de mauvaises cultures. Voire pas de culture du tout ! La première étape vers un potager bio consiste donc à connaître votre sol. Si votre jardin est ancien et son sol parfait, vous êtes paré pour une bonne récolte. Si, au contraire, votre jardin a été aménagé très récemment et que vous y trouvez encore gravats et cailloux, il va falloir retrousser vos manches. Cela se fera en deux étapes : travailler la terre et nourrir le sol. Pour commencer un jardin sur un sol peu propice à la culture, il va falloir ajouter une quantité importante de matière organique bien décomposée, appelée humus. Les deux meilleures solutions : le compost de jardin et le fumier naturel. Vous pouvez demander aux éleveurs près de chez vous s’ils peuvent vous vendre ou vous donner du fumier. Ensuite, il faudra préparer la terre en la bêchant, ce qui va casser les mottes, éliminer les mauvaises herbes et les cailloux et permettre au humus de bien pénétrer. Ce dernier va encourager la prolifération des vers, essentielle pour une terre fertile. L’idéal est de bêcher à l’automne puis une nouvelle fois au printemps.

Faites votre compost

Tout jardinier bio qui se respecte fait son compost ! C’est écologique (vous ne jetez plus vos déchets organiques, qui seraient brûlés ou stockés) et excellent pour la terre. En plus, c’est facile à mettre en place. Vous pouvez construire votre propre composteur, à l’aide de palettes par exemple. Ou en acheter un, qui sera alors généralement en plastique. Renseignez-vous, car certaines municipalités proposent le prêt ou l’achat à prix réduit de composteurs. Ensuite, il suffira de le remplir avec vos déchets de jardin, un peu de paille et vos déchets de cuisine (épluchures de légumes, thé, café, coquilles d’oeuf, etc.). Au bout de quelques mois, vous obtiendrez un compost brun, bien fragmenté et prêt à l’emploi !

Échelonnez les semis

Une erreur très répandue chez les jardiniers débutants est de faire tous leurs semis en même temps. Ils vont donc tout récolter pendant la même période et se retrouver avec un stock trop important pendant quelques semaines, puis plus rien. Il faudra donc échelonner vos plantations, de 15 jours en 15 jours. Une seule règle : semez peu mais régulièrement. Vous devez essayer d’arriver à la fin d’une culture avant que la suivante débute. C’est très facile avec les légumes à cycles courts (laitues, roquette, épinards, radis) et moyens (courgettes, haricots, carottes, poireaux, etc.).

Vous pouvez également échelonner en sélectionnant diverses variétés. Exemple avec les tomates : vous trouverez des variétés précoces, de mi-saison et des tardives. En diversifiant, vous aurez des tomates de juillet à octobre !

Préférez une culture en buttes ou en carrés

Les jardiniers débutants ont tendance à préférer une culture en rangées, pensant que cela est plus simple. En réalité, une culture en buttes ou en carrés sera plus accessible à des débutants. Elle n’en est pas moins recommandée par les horticulteurs professionnels !

 

La culture en buttes est particulièrement intéressante si vous avez un sol pauvre. Car vous allez apporter une grande quantité de substrat, ce qui va drainer la terre. Elle devient donc riche plus rapidement ! Pour créer des buttes, vous pouvez les border de briques ou de planches. Prévoyez au maximum 1,2 m de côté pour que toute la surface soit accessible. Sur des buttes, les racines s’enfoncent plus profondément. Les plantes sont donc plus stables et profiteront d’une meilleure irrigation en période de sécheresse.

 

La culture en carrés, elle, permet de planter plus serré et donc d’avoir de meilleurs rendements. Vos légumes seront certainement plus petits, mais bien plus nombreux ! Comme pour les buttes, ne dépassez pas 1,2 m de côté. Sinon, vous serez obligés de piétiner la terre.

Organisez vos plantations

potager-bioCe n’est pas parce que vous allez cultiver en buttes ou en carrés que chaque zone sera dédiée à un légume en particulier. Au contraire, préférez une culture associée. C’est la base de la permaculture : pratiquer des associations positives de plantes. Il faudra cultiver ensemble légumes, herbes, fleurs comestibles, petits arbres fruitiers et plantations d’ornement pour créer des interactions vertueuses, comme la remontée de nutriments ou la création d’un microclimat. Choisissez d’abord les légumes et autres plantations que vous voulez cultiver, puis renseignez-vous sur la manière de les associer en permaculture. Il faudra également prendre en compte les cycles ! Par exemple en semant des salades et des radis entre des rangs de choux de Bruxelles. Vous récolterez vos salades et radis avant que les choux aient besoin de plus de place pour pousser.

Préférez la prévention au traitement

Pour se passer de produits chimiques dans votre potager, il faudra effectuer une bonne prévention. Cela commence par des gestes de base : ne pas planter de légumes qui ont l’air malades, arracher et brûler dès que vous décelez des plants malades. Pour éviter les maladies, de bonnes conditions de croissance sont essentielles : beaucoup de lumière et d’air (mais pas trop de vent), la bonne quantité d’eau et des substances nutritives. Si votre région est sujette à la sécheresse, paillez le sol pour que la terre reste humide après l’arrosage. Pour éviter la prolifération de prédateurs naturels (coccinelles, pucerons, coléoptères, limaces, etc.), vous pouvez planter en bordure de jardin différentes variétés de fleurs qui vont permettre de diversifier la vie sauvage et de respecter l’équilibre biologique.

Prévoyez une rotation des cultures

Si vous partez pour plusieurs années, il faudra prévoir une rotation des cultures. Car cultiver les mêmes plantes à la même place pendant plusieurs années favorise le développement des parasites et l’installation de maladies dans le sol. Le plus simple est de diviser vos plantations en quatre groupes et de les faire tourner : les légumineuses (haricots et petits pois notamment), les choux, les légumes racines (pommes de terre, carottes mais aussi les cultures associées comme les tomates, aubergines et poivrons) et la grande famille oignons/cucurbitacées.